Association RIA

>Accueil
Présentation
Revue de Presse
Groupes de Parole
Urgences
Idées suicidaires
Associations dans l'Ouest

Médiathèque
Aider RIA
Dépliant, affiche, édito
Forum
Nous Contacter

 

 

Ouest-France du 14 avril 2004 (Séphanie BAZYLAK)
Inceste : des victimes brisent le silence

L´association Rescapés Inceste Anonymes (RIA) réunit des victimes d´abus sexuels. Créée par cinq victimes d´inceste originaires des Côtes-d´Armor, elle s'organise sous forme de groupes de parole et souhaite pouvoir sensibiliser les infirmières des établissements scolaires.

Catherine et Sylvie ont respectivement 41 et 46 ans. Enfant et adolescente, elles ont été victimes d´inceste. Adulte, elles ont décidé d´en parler. C´était il y a cinq ans pour l´une, quatre ans pour l´autre. Pour des raisons différentes, elles ont attendu de mettre des mots sur ce qu´elles avaient enduré pendant des années. Pour les mêmes raisons, elles ont expliqué ce qu´elles avaient subi. « Si je n´en avais pas parlé, je crois que je serai morte aujourd´hui, avoue Catherine. C´est comme le cancer, ça vous ronge insidieusement de l´intérieur et, un jour, ça explose ». Et le déni n´y fait rien. « On essaie d´oublier. Mais ça ne marche pas... Forcément ».
Anorexie, boulimie, tentatives de suicide, les victimes d´inceste passent par des phases difficiles avant de se libérer. Pour Catherine et Sylvie, pas de doute : « C´est en parlant qu'on s´en sort ». Avec trois autres victimes, elles ont créé l´association Rescapés inceste anonymes (RIA). « Ce n´est pas dans un but juridique, explique Catherine, présidente. C´est pour aider les victimes à en parler et ne plus traîner ce qu´elles ont vécu comme un boulet ».

Aucune structure à proximité
 
Lorsque Catherine a décidé d´en parler, elle a cherché une association dans la région. En vain. « Il n´y avait rien en Bretagne, explique-t-elle. La structure la plus proche était à Nantes. À Saint-Brieuc, il n´y avait qu´un centre d´accueil pour les femmes battues ».
Pour trouver un soutien, elle s´inscrit alors dans un forum de discussions sur Internet. Là, elle fait la connaissance d´autres victimes originaires du département. De cette rencontre est née l´association. Leur objectif : briser la loi du silence. « Les enfants victimes d´inceste pensent que tous les camarades subissent la même chose dans leur famille. C´est généralement pour cela qu´ils n´en parlent pas rapidement, affirme Sylvie.

Avec plus de communication sur le sujet, les choses vont peut-être pouvoir changer dans les années à venir ». L´association prévoit des actions dans les établissements scolaires, auprès des infirmières en particulier. « Ce sont les premiers interlocuteurs des enfants, relève Sylvie. C´est parfois auprès d´elles que se fait le déclic ». À côté de cette sensibilisation des infirmières scolaires, l´association organise des groupes de parole. Chaque mois, un thème différent est abordé pour lancer la discussion. « On ne prétend pas faire de la thérapie, ni avoir les réponses aux questions, précisent Catherine et Sylvie. On veut juste aider les victimes à vivre avec ce qu´elles ont vécu, en se libérant grâce à la parole ».

Stéphanie BAZYLAK.