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Côtes d'Armor - N° 33 - Janvier, Février 2005
La douleur partagée

Catherine et Sylvie font partie du noyau dur qui a créé Rescapés de l'Inceste Anonymes. Tous les quinze jours, elles organisent des réunions de groupes afin de redonner la parole à ceux qui se sont tus pendant de longues années....
Catherine
«
Nous avons monté l'association parce que nous avons pris conscience du manque de structures et des réponses inappropriées. Je me suis dit que cette association que j'avais cherchée désespérément quand j'allais mal, c'était à moi de la monter »....
Les victimes d'inceste ne parviennent pas à en parler parce qu'elles ne sont pas entendues. On leur demande d'oublier très vite. Ici, elles se sentent écoutées. Nous trouvons les bons mots car justement, nous sommes aussi des victimes. Le point essentiel est d'être reconnue en tant que victime à travers les aveux de l'agresseur. Or, la plupart des personnes de l'association sont sous le coup de la prescription. Et puis, porter plainte réclame énormément d'énergie, cela fait remonter des souvenirs ingérables. Et il n'y a aucun accompagnement psychologique !
Et puis, quand vous allez voir un psy, il vous accorde un temps bien défini. Une fois ce temps écoulé, vous devez repartir avec une plaie grande ouverte que vous n'avez pas eu le temps de refermer. Dans l'association, on ne repart jamais dans cet état. D'une histoire très douloureuse, nous parvenons à faire quelque chose de positif en aidant les autres. Ce n'est pas rien ! »

Sylvie
«
On retrouve le même schéma de fonctionnement chez les victimes de l'inceste : automutilation, troubles alimentaires, tentatives de suicide répétées... On est sans cesse en quête de soi. On se dit : est-ce que je suis bien dans ma tête, est-ce que je n'ai pas rêvé ? Et puis peu de personnes portent plainte. Difficile de porter plainte contre ses parents.
L'association a aussi été créée car dans les campagnes officielles, on s'intéresse aux enfants, mais passé 12 ou 13 ans, on se fout complètement de ce que ces enfants sont devenus, ils traînent cela toute leur vie.
Je me sens fière d'être capable d'entendre la parole de l'autre. Je n'ai plus besoin d'en parler mais je continue à le faire au sein de l'association car je sais que ma parole va servir de miroir à d'autres.
C'est en cela que ça reste important. Il faut aussi que ces victimes voient des gens qui vont bien, que l'on peut s'en sortir. »