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Ouest-France - 22 octobre 2006
«Parler de ses souffrances, c'est se reconstruire»

Tiamat a été victime d'inceste pendant de longues années. Après s'être tue trop longtemps, elle raconte.
Pour que d'autres le fassent sans attendre.
L'Association Rescapés de l'inceste anonymes organisait hier, à Saint-Brieuc, une conférence intitulée «La réparation après un viol, un inceste, un abus sexuel». Dans l'assistance, Tiamat, 50 ans. Elle ne connaît que trop bien le sujet.

«J'ai été abusé par mon père depuis ma toute petite enfance jusqu'à l'âge de 17 ans. Ça a commencé quand nous étions en Algérie. Ça a continué après notre arrivée en France.» La fille ne suffit pas au père incestueux...
Ce dernier s'en prend à une cousine de Tiamat qui décide de parler. «Ma mère a pris la décision de divorcer. Mais le silence était plutôt de mise dans la famille. Elle n'a pas vraiment expliqué les raisons de son divorce.»
Le père se remarie. Sa seconde épouse a déjà des enfants. «On s'est dit, il va recommencer, raconte Tiamat. On a réfléchi avec ma mère et les deux cousines dont il avait abusé. Cette femme était amoureuse de mon père. Fallait-il tout lui révéler ? C'était un gros cas de conscience.» Tiamat et sa mère choisissent de ne rien révéler. «Nous avions peur d'un procès en diffamation, que ça nous retombe dessus.» Tiamat vivra «très mal après cette décision . J'essayais de mettre ça de côté ; je ne pouvais rien faire et j'avais mes propres problèmes d'existence.»
D'autant plus que son père continue. Et ce sont bien les enfants de sa nouvelle compagne qui en font les frais. «L'une de ses filles nous appelait. Elle avait 23 ans. elle aussi avait été une proie pour mon père. Elle décidait de porter plainte.» Tiamat pense alors tenir un procès par procuration. «Pour ce qui concernait les viols dont j'avais été victime, il y avait prescription. J'attendais donc beaucoup de ce procès.» À deux reprises pourtant, l'instruction débouchera sur un non-lieu.
Aussi Tiamat regrette-t-elle de ne pas avoir parlé plus tôt. «J'ai vraiment pris conscience des abus dont j'ai été victime que lorsque lorsque j'ai commencé à en parler. Avant, les déviances n'en étaient pas. Elles étaient mon quotidien.» À 50 ans, elle prend donc plus que jamais part au groupe de parole organisé par les associations de victimes. «C'est douloureux, mais parler de ses souffrances, c'est commencer à se reconstruire.»
Contact. Rescapés de l'inceste anonymes, groupe de parole à Saint-Brieuc, centre social du Plateau, les premiers et troisièmes mercredis du mois à 20 h 30.
Rens. 06 98 20 35 15 (ou ria22.free.fr sur internet)